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Assemblée générale de l'APEL, jeudi 01 octobre 2020, 20h00, dans la salle polyvalente du collège.

L’abbé GARNIER pour assurer et perpétuer la fondation de l’école de garçons qu’il veut ouvrir est amené, comme son prédécesseur, à s’adresser à une congrégation religieuse. Nous ne connaissons pas les motivations précises de son choix en faveur des frères de la Sainte Famille mais celles-ci apparaissent d’ordre pratique et relationnel.

Il tente une première démarche par une lettre datée du 13 février 1951 auprès du Supérieur Général des frères de la Sainte Famille de Belley :

« Je suis curé d’une paroisse de vingt mille âmes à Lyon, paroisse toute récente, limitant Villeurbanne, située dans un quartier neuf. Monsieur le chanoine BOSSU, directeur de l’enseignement, me laisse entendre que vous auriez peut-être l’intention de vous installer à Lyon. Si tel est votre projet vous auriez toutes les chances de réussir dans ce quartier de Montchat Monplaisir qui n’a qu’une école libre située à Notre Dame du Bon Secours et ne draine qu’une minorité d’enfants … » (2)

Dans sa délibération du 2 mars 1952, le Conseil Provincial des Frères se prononce à l’unanimité de façon favorable pour répondre à la demande du curé GARNIER, décidant même d’ouvrir cette école en 1953 (3). Dès 1952, le Cardinal GERLIER, archevêque de Lyon et primat des Gaules, a donné son accord verbal, qu’il officialisera le 24 mai 1954, pour « créer dans le diocèse la maison que rend nécessaire la prise en charge de l’école » (4).

Mais devant les difficultés rencontrées, notamment d’ordre économique, l’ouverture est repoussée à la rentrée scolaire de 1954. L’Etat n’apportait à l’époque aucune aide financière aux écoles qui demeuraient donc entièrement à la charge des familles directement ou par le biais des paroisses. Il restait aussi à constituer le noyau de religieux prêts à risquer le lancement d’une école libre.

Le choix du nom de l’école de garçons n’apparaît pas dans les écrits échangés lors de la phase  d’étude du projet d’ouverture. La désignation «école Charles de Foucauld » s’est imposée à l’esprit du Curé GARNIER, (Croix de guerre 1914-1918, Croix des Combattants Volontaires) lequel nourrissait à l’égard de l’ancien militaire une véritable dévotion. Le Père GARNIER annoncera en chaire un dimanche de 1954 que l’école de garçons qui allait s’ouvrir s’appellerait « Charles de Foucauld ». C’est ainsi que le futur directeur apprend le nom de l’école qu’il va diriger !

 

Un fondateur

La création et le développement initial de l’école Charles de Foucauld, devenu l’Ensemble Scolaire Charles de Foucauld, doivent tout à un frère de la Sainte Famille, Frère Marc, qui a fait de cet engagement l’oeuvre de sa vie. Il n’est possible, dans le cadre de cet article, que d’en faire une rapide évocation en reprenant quelques éléments de la bibliographie publiée lors de son décès, le 4 janvier 1999.

Frère Marc (1912 – 1999)

Un homme libre au service de la jeunesse. Un géant sous le regard de Dieu.

Frè­re Marc, de son état-ci­vil Emi­le Ar­naud-God­det, est né le 14 mai 1912 à Villard-Lé­ger en Savoie. En 1922, il entre au juvénat (établissement scolaire à caractère vocationnel) des Frères de la Sainte Famille à Chazay sur Ain. En 1924 il part pour le juvénat de Chieri près de Turin en Italie. L’année suivante il rentre en France et poursuit ses études à Dagneux (Ain). Il franchit à nouveau la frontière italienne en 1928 pour commencer son noviciat à Chieri. Profès en mars 1930, il est ensuite nommé instituteur. De 1934 à 1935 il fait son service militaire à Modane au 99ème Régiment d’Infanterie Alpine. Son service accompli il reprend l’enseignement au juvénat de Tessy. Après avoir été mobilisé, en septembre 1939, au 7ème bataillon de chasseurs alpins il retrouve ses activités enseignantes après juin 1940.

En 1943, il est nommé directeur du Pensionnat St Louis à Dagneux, fonction qu’il exerce jusqu’en 1952. A partir de cette date il devient directeur du juvénat de Belley jusqu’en 1954 où il vient fonder l’école Charles de Foucauld qui sera son grand chantier, l’oeuvre de sa vie.

 

Dans le registre d’état civil, qui était alors tenu dans chaque maison des frères, on note, pour la maison de Lyon, les informations suivantes :

- frère Marc ARNAUD-GODDET, venant de Belley (Ain), entré dans la maison le 6 septembre 1954 pour exercer l’emploi de directeur,

- frère Francis FRANCILLARD, venant de St Pierre d’Albigny (Savoie), entré dans la maison le 14 septembre 1954 pour exercer l’emploi d’instituteur libre.

 

Ce noyau se renforcera les années suivantes par :

- frère Hervé BERRANGER, venant de Belley (Ain), entré dans la maison le 25 septembre 1955 pour exercer l’emploi d’instituteur. (Parti de la maison le 15 juillet 1956).

- frère Xavier BAUD, venant de Dagneux (Ain), entré dans la maison le 30 septembre 1956 pour exercer l’emploi d’instituteur.

- frère Michel CADOUX, venant de Belley (Ain), entré dans la maison le 10 septembre 1957 pour exercer l’emploi de cuisinier.

 

Cette prise en charge de l’école par les frères de la Sainte Famille est à l’origine de ce qui deviendra, bien des années plus tard, la « tutelle », racine dans l’histoire pour assurer la pérennité d’un établissement scolaire et la permanence d’un esprit, comme le rappelle depuis des années le journal de rentrée de l’Ensemble Scolaire.

 

Les premiers locaux de l’école de garçons Charles de Foucauld.

 

Pour l’ouverture de l’école de garçons le curé Garnier ne peut mettre à la disposition du directeur, frère Marc, qu’une partie d’un modeste local paroissial, qui existe toujours aujourd’hui, appelé « maison d’œuvres ». Ce local contigu à l’église Ste Jeanne d’Arc, au n°1 de rue de l’Est, peut contenir sans confort deux classes qui restent à aménager. Parallèlement le curé Garnier ne peut offrir comme logement aux frères que quelques chambres mansardées au 2ème étage de la cure.

La lecture des documents de l’époque ne laisse pas de forcer notre admiration devant l’esprit d’entreprise et de foi de ce dynamique curé dont les moyens matériels ne sont pas forcément à la hauteur des projets.

 

Les archives de l’établissement ont permis de retrouver les photos des 68 premiers élèves de la rentrée 54.

Ces élèves constituaient trois classes avec les divisions suivantes CP/C.E.1, C.E.2 et C.M.1.

Ainsi prend naissance dans l’histoire locale de l’Est lyonnais ce qui reste à traduire dans la réalité quotidienne, un projet scolaire à faire grandir du berceau à la taille adulte.

Plus qu’un risque c’est une aventure et un pari sur l’avenir, définition séculaire de l’acte de foi qui les porte.

 

Enfin ouverte l’école de garçons Charles de Foucauld va grandir, puisque dès l’année suivante, à la rentrée 1955, une quatrième classe est ouverte. Elle est autorisée par un courrier du 30 septembre 1955 de l’Inspection Académique du Rhône.

la FOI des débuts :

un établissement privé porté à bout de bras par les familles

 

Pour bien comprendre l’aventure extraordinaire dans laquelle le Père Garnier, curé de la paroisse Ste Jeanne d’Arc, et frère Marc fondateur de l’école Charles de Foucauld se sont lancés il faut bien se remémorer le contexte scolaire de l’époque.

Après les lois laïques des années 1880, les lois des années 1900 : loi sur les associations, lois d’interdiction d’enseignement aux congrégations religieuses, lois de séparation des Eglises et de l’Etat, conduisent au statu quo d’après 1906 – qui si l’on excepte l’intermède 1940-1944 – prévaudra jusqu’en 1948. Il organise l’enseignement libre en dehors de toute obligation financière de la part de l’Etat. L’école libre vit alors, avec le dualisme scolaire, une situation de marginalité stable mais d’une précarité plus qu’inconfortable.

Au lendemain de la guerre 1939-1945, l’esprit de la Résistance l’emporte sur tout ce qui a pu dans le passé diviser le pays. De plus, nombre d’établissements catholiques, par leur attitude face aux occupants étrangers, ont acquis leur lettre de noblesse républicaine.

Progressivement la législation s’oriente vers une aide de l’Etat aux familles de l’enseignement libre. En 1954, la loi Barangé (somme versée à l’enseignement public et à l’enseignement privé) ne concerne pas Charles de Foucauld car elle n’est applicable qu’aux établissements existants au moment de sa création (1951).  Pour en bénéficier Charles de Foucauld devra attendre son extension du 30 avril 1965.

 

C’est dire qu’en 1954 tout reposait sur les épaules des Parents ; l’acquisition et l’entretien des locaux, le salaire des maîtres, des personnels et les frais annexes.

Dans ce « temps de marginalité et de précarité », il faudra l’enthousiasme de frère Marc - qui chez lui induit la compétence - et la détermination d’un groupe de Parents d’élèves pour aller de l’avant.

 

Dès 1947 la paroisse Ste Jeanne d’Arc s’est dotée, pour l’école de filles du même nom, ouverte en 1945,  d’une Association d’Education Populaire destinée à soutenir et gérer des écoles paroissiales. Cette association a fait l’objet, en date du 17/12/1947, d’une déclaration à la préfecture du Rhône publiée au journal officiel du 2 janvier 1948. L’actuelle AEP gérant l’ensemble scolaire Charles de Foucauld n’est autre que cette même association qui a simplement évolué pour s’adapter aux évolutions.

 

Rapidement, il apparaît à frère Marc, directeur de l’école ouverte (école primaire), comme aussi aux Parents, que se limiter à une école primaire ne serait pas satisfaisant. En visionnaire il convainc les Parents – dans les conditions matérielles que l’on sait - de poursuivre l’aventure et d’ouvrir un premier cycle, c'est-à-dire selon la terminologie de l’époque, de transformer une école primaire en école secondaire (5).

En date du 2 août 1956, l’Inspecteur d’Académie du Rhône accuse réception de cette demande de transformation.

 

Les années 50 ont vu la création et le développement de l’école de garçons Charles de Foucauld ainsi que l’amorce d’un 1er cycle du secondaire qui deviendra le collège et dont les années 60 verront le remarquable développement. Puisque rien n’arrête la vie.

 

Fr. Yves PERIER-MUZET

 

 

 

(1)   Cette pratique est ancienne. On en trouve un écho détaillé dans le Traité du gouvernement des paroisses de 1769 d’après une citation p.233, reprise par Chartier, Compere, Julia, L’Education en France XVI-XVIII, Dedes, 1976.

(2)   Archives de la Province de France, Belley, année 1951

(3)   Archives de la Province de France, Belley, année 1952

(4)   Archives de la Province de France, Belley, année 1954

(5) A l’époque l’enseignement était organisé en enseignement primaire et secondaire qui comptait 2 cycles ; le 1er Cycle du Secondaire (correspondant au collège actuel) et le 2nd cycle du secondaire (correspondant au lycée).